Textile éthique

La problématique du textile éthique et responsable est un enjeu majeur de ces prochaines années. L’industrie textile possède de grandes similarités avec l’industrie alimentaire. Il faut une matière première à transformer, et donc une dépendance à la terre et aux ressources en air, en eau et en énergie. Autant l’agriculture biologique se fraie un chemin de plus en plus large dans les habitudes de consommation, autant la part de textile durable dans la confection de prêt-à-porter ou l’offre DIY reste marginale. Et pourtant, l’impact environnemental et sanitaire est bien identique.

Des tissus biologiques et produits de manières responsables

Le textile éthique est produit de manière responsable. Il respecte à la fois les hommes qui le produise, le transforme et le vende, et la terre sur laquelle poussent les fibres qui le constituent. Contrairement au textile conventionnel, sa chaîne de production est vertueuse. Il est produit à partir de fibres naturelles d’origine végétale ou animale issues de l’agriculture biologique. Sa production est issue de processus certifiés sans produits chimiques et utilisant peu d’énergies ou de ressources naturelles (eau). Sa confection respecte les ouvriers et salariés dans leurs droits sociaux et environnementaux. Il est vendu au prix juste pour que tous les acteurs de la chaîne de production puisse vivre dignement de leur travail.

Aujourd’hui, des acteurs de l’industrie textile se soucient de la Responsabilité Sociétale des Entreprises, et intègrent dans leur mode de gouvernance les questions d’impacts environnementaux, sanitaire et sociaux dans leur modèle de production et leur relation avec leurs sous-traitants et leurs clients. Une prise de conscience émerge et donne naissance à une véritable filière du textile éthique soutenable, innovante et créative.

Le parallèle avec l’industrie alimentaire

Mais cela ne va pas pas sans un changement des pratiques également du côté du consommateur. Prenons l’exemple du caddie alimentaire. Si l’on essaie de faire les mêmes courses en magasin bio que ce que l’on achète d’habitude en supermarché, il est évident que la note sera plus élevée. Mais si vous commencez à acheter différemment, des produits non transformés « from scratch », alors vous maîtriserez la note. Si vous achetez de la farine, des œufs et du beurre plutôt qu’une boîte de biscuits industriels, cela sera moins cher, plus souvent local et surtout, meilleur pour votre santé et pour la planète. Pour les tissus c’est pareil. Plutôt que d’acheter plusieurs tissus pas très chers, vous en choisissez un bio ou non d’ailleurs, tant qu’il est de qualité. Vous aurez plaisir à le coudre et à le porter
longtemps.

Changer notre manière de consommer et de coudre

Cela implique un changement de façon de consommer. Une réflexion sur ses pratiques. Et donc sur sa garde-robe. Moins, mieux, plus réfléchi pour ne pas se lasser, ni du tissu ni du patron. Less is more.

C’est exactement dans cette perspective que j’avais réfléchi pour la création de la collection Les Basiques d’Émilie. Mais je suis aussi intimement convaincue que chacun doit cheminer à sa manière, sans culpabilité.

Les labels sont là pour vous aider à faire les bons choix en matière de textile. Ils offrent la garantie d’acheter un produit qui répond à un référentiel plus ou moins exigeant selon le label. Vous faites alors un acte de consommation éclairé et militant en faveur d’un textile et d’une mode éthique.

Textile éthique : label et certification

Le Label GOTS (Global Organic Textile Standard) a été fondé en 2006 sous l’impulsion de plusieurs associations textiles internationales (Allemagne, Japon, Etats-Unis, Angleterre). Il est aujourd’hui le plus exigeant pour certifier le textile.

Le label GOTS garantit la qualité biologique du textile, de la fibre au consommateur final. Mais il assure également le respect du travailleur sur toute la chaîne de fabrication. Le label garantit deux niveaux de certification, c’est-à-dire que vous pourrez trouver deux appellations sur les étiquettes qui mentionnent le label GOTS :

  •  Niveau 1, Textiles biologiques soit 95 % de fibres biologiques certifiées, 5 % de
    fibres artificielles ou synthétiques
  • Niveau 2, Textiles composés de 70 % de fibres biologiques c’est-à-dire 70 % de fibres biologiques certifiées, 30 % de fibres non bios avec un maximum de 10 % de fibres synthétiques, qui monte à 25 % pour les chaussettes, caleçons longs et vêtements de sport, si les matières premières utilisées ne sont ni certifiées d’origine biologique, ni issues d’un programme de gestion durable de la forêt ou recyclées

Vous pouvez également trouver d’autres labels comme Oeko-Tex Standard 100, l’Eco Label Européen ou le label Fair Trade (Max Havelaar). Chaque référentiel offre des garanties différentes.

Développement durable

L’industrie textile est le deuxième industrie la plus polluante au monde. Aujourd’hui de nombreux acteurs de ce secteurs œuvrent pour l’inscrire dans des perspectives plus soutenables sur le long terme. Ils travaillent sur les aspects sociaux et environnementaux de la filière.

Textile et RSE

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est définie par la Commission Européenne. Les entreprises qui s’engagent dans une démarche RSE vont intégrer dans leur mode de gouvernance des préoccupations sociales et environnementales liées à leurs activités.

Textile éthique et industrie

L’industrie textile dans le monde, c’est plus de 150 milliards de vêtements vendus chaque année. Et cela alors que nous ne portons que 30 % de la garde-robe que nous possédons. Rien que pour la France, le chiffre d’affaire pèse à hauteur de 150 milliards (selon des chiffres de l’Institut Français de la Mode publiés en 2016).

Une industrie polluante et mortifère

Ce sont également 2 % des émissions de gaz à effets de serre. La production de coton conventionnel est le 3e secteur pour la consommation d’eau d’irrigation dans le monde, principalement. Cette même culture du coton a besoin de 25 % des insecticides mondiaux, et 10 % des herbicides. Dans un rapport mené par l’ONG Greenpeace en 2011, il ressortait que plus de 70 % des cours d’eau de surface de la Chine étaient pollués.
Et c’est sans compter l’esclavagisme moderne institué dans les champs de cotons de l’Ouzbékistan ou dans les usines de confection en Chine.
Face à cette industrie textile conventionnelle, le textile biologique représente 1 % du marché, mais porte l’espoir et le changement dont la terre et les hommes ont besoin.

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Mode éthique

La mode éthique émerge grâce à de nombreux créateurs qui ont décidé de créer, produire et vendre des vêtements respectueux des hommes et de la planète. Des marques qui imaginent des vêtements en textile biologique certifié, conçu pour durer et ne pas lasser le consommateur.

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Ressources

Toutes les ressources nécessaires pour aller plus loin dans votre connaissance sur le textile éthique. J’ai rassemblé ici selon différentes catégoriesun maximum de documentations que j’ai jugées intéressantes pour approfondir la problématique de cette révolution textile vers laquelle nous devons aller.

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Achat

Où acheter ?

Bons plans pour acheter du textile éthique labellisé. Des revendeurs, mais aussi des designers textiles engagés dans une démarche vertueuse. N’hésitez pas à interpeller votre mercerie ou magasin de tissu habituel, c’est en parlant du textile éthique que l’on parvient à faire bouger les lignes.

Où acheter

Textile éthique : il est grand temps de s’impliquer. Le 24 avril 2013, 1134 personnes ont trouvé la mort et 2500 ont été blessés dans l’effondrement du Rana Plaza, un immeuble à Dacca, au Bangladesh, qui hébergeait des ouvriers du textile. Sous-traitant des plus grandes marques textiles au monde, les employeurs des ouvriers avaient menacé ces derniers de les licencier s’ils ne prenaient pas leur poste malgré la demande d’évacuation des lieux faite par des inspecteurs ayant, la veille de l’effondrement de l’immeuble, remarqué des fissures dans le bâtiment.

fashion revolution

Depuis cette date, chaque année a lieu le Fashion Revolution Day. Initié par Carry Somers, une créatrice de marque  de textile éthique et équitable anglaise, chacun est invité à se poser la question « Qui fabrique mes vêtements ». Sous le hashtag #whomademyclothes, une prise de conscience bienvenue et nécessaire.

 

Où il est question de production… de coton

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Nous allons prendre l’exemple du coton. Communément, on accorde plus de 40 % de la production du textile mondial à cette plante arbustive. Cultivée dans plus de 85 pays à travers le monde, le coton a besoin de soleil, ce qui explique sa présence principalement dans les zones tropicales et subtropicales.

La plus souvent, il est cultivé mécaniquement. Pour cela, les capsules de la plante doivent être très homogènes afin d’assurer un bon rendement. On utilise alors de très nombreux produits chimiques. On parle généralement de 25 % des pesticides et herbicides utilisés dans le monde pour 2,5 % des terres agricoles cultivées. Les récoltes sont alors très rapides, mais le coton de moindre qualité car les machines arrachent non seulement la capsule qui va permettre d’obtenir la fibre, mais aussi des déchets de la plante. L’utilisation des intrants appauvrie les sols et entraîne un cercle vicieux : moins de rendement, plus de produits chimiques, une terre agricole pauvre, donc moins de rendement, plus de produits chimiques etc.

Au contraire de la production mécanique, la production manuelle emploie plus de main-d’œuvre, pour un coton de meilleure qualité. Les capsules n’ont pas besoin d’être calibrées comme pour la production mécanique (donc moins d’utilisation de produits chimiques), et la récolte contient moins de déchets. Son coût est un peu plus élevé, mais les avantages sont très nombreux :

Investissement plus faible car pas besoin d’acheter des engrais ou pesticides, ou encore des machines pour la récolte.
Création d’emploi
Préservation des sols et des ressources en eau
Car si le coton a besoin de soleil, il n’en a pas moins besoin d’eau. On distingue alors deux types de cultures : la culture pluviale et la culture d’irrigation. La première utilise principalement le cycle des saisons et notamment les saisons des pluies qui apportent les ressources en eau nécessaires aux cultures. La seconde met en œuvre des systèmes d’irrigations qui appauvrissent les nappes phréatiques et les contamines avec les produits chimiques utilisés.

En tant que consommateur, il est donc essentiel d’essayer, dans la mesure du possible, d’acheter du coton d’origine biologique. Pour cela, nous allons faire un petit point sur les différents labels et certifications qui garantissent l’origine de la fibre.

 

Les certifications et labels

La certification est une procédure par laquelle un organisme certificateur donne l’assurance écrite qu’un produit est conforme à la norme à laquelle il s’est soumise.

Le produit obtient alors un label de certification, qui indique sa conformité aux normes. Un label peut appartenir à un organisme de certification.

Pour le label GOTS en France, par exemple (Global Organic Textile Standard), il est certifié par Ecocert, un organisme de contrôle et de certification basé en France.

Le label permet la communication vers le consommateur final. Voici les principaux en matière de textile. Leur degré d’exigence est plus ou moins important. Le label GOTS reste le plus complet (sur des critères environnementaux, humains, économiques) concernant le textile.

Nous sommes tous acteurs du changement, il n’y a pas d’action inutile. « Je prends ma part » disait le colibri. En boycottant les marques qui ne font aucun effort envers les droits fondamentaux des travailleurs, en achetant du tissu d’origine biologique certifié, en consommant moins mais mieux, du textile éthique et responsable. En cousant soi-même ses vêtements, pour se rendre compte qu’assembler un T-shirt, même basique, prend du temps, et que ce temps doit être rémunéré à sa juste valeur.

Visiter le site de fashion revolution

 

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