Textile éthique : tous responsables

Textile éthique : il est grand temps de s’impliquer. Le 24 avril 2013, 1134 personnes ont trouvé la mort et 2500 ont été blessés dans l’effondrement du Rana Plaza, un immeuble à Dacca, au Bangladesh, qui hébergeait des ouvriers du textile. Sous-traitant des plus grandes marques textiles au monde, les employeurs des ouvriers avaient menacé ces derniers de les licencier s’ils ne prenaient pas leur poste malgré la demande d’évacuation des lieux faite par des inspecteurs ayant, la veille de l’effondrement de l’immeuble, remarqué des fissures dans le bâtiment.

fashion revolution

Depuis cette date, chaque année a lieu le Fashion Revolution Day. Initié par Carry Somers, une créatrice de marque  de textile éthique et équitable anglaise, chacun est invité à se poser la question « Qui fabrique mes vêtements ». Sous le hashtag #whomademyclothes, une prise de conscience bienvenue et nécessaire.

 

Où il est question de production… de coton

Coton_003

Nous allons prendre l’exemple du coton. Communément, on accorde plus de 40 % de la production du textile mondial à cette plante arbustive. Cultivée dans plus de 85 pays à travers le monde, le coton a besoin de soleil, ce qui explique sa présence principalement dans les zones tropicales et subtropicales.

La plus souvent, il est cultivé mécaniquement. Pour cela, les capsules de la plante doivent être très homogènes afin d’assurer un bon rendement. On utilise alors de très nombreux produits chimiques. On parle généralement de 25 % des pesticides et herbicides utilisés dans le monde pour 2,5 % des terres agricoles cultivées. Les récoltes sont alors très rapides, mais le coton de moindre qualité car les machines arrachent non seulement la capsule qui va permettre d’obtenir la fibre, mais aussi des déchets de la plante. L’utilisation des intrants appauvrie les sols et entraîne un cercle vicieux : moins de rendement, plus de produits chimiques, une terre agricole pauvre, donc moins de rendement, plus de produits chimiques etc.

Au contraire de la production mécanique, la production manuelle emploie plus de main-d’œuvre, pour un coton de meilleure qualité. Les capsules n’ont pas besoin d’être calibrées comme pour la production mécanique (donc moins d’utilisation de produits chimiques), et la récolte contient moins de déchets. Son coût est un peu plus élevé, mais les avantages sont très nombreux :

Investissement plus faible car pas besoin d’acheter des engrais ou pesticides, ou encore des machines pour la récolte.
Création d’emploi
Préservation des sols et des ressources en eau
Car si le coton a besoin de soleil, il n’en a pas moins besoin d’eau. On distingue alors deux types de cultures : la culture pluviale et la culture d’irrigation. La première utilise principalement le cycle des saisons et notamment les saisons des pluies qui apportent les ressources en eau nécessaires aux cultures. La seconde met en œuvre des systèmes d’irrigations qui appauvrissent les nappes phréatiques et les contamines avec les produits chimiques utilisés.

En tant que consommateur, il est donc essentiel d’essayer, dans la mesure du possible, d’acheter du coton d’origine biologique. Pour cela, nous allons faire un petit point sur les différents labels et certifications qui garantissent l’origine de la fibre.

 

Les certifications et labels

La certification est une procédure par laquelle un organisme certificateur donne l’assurance écrite qu’un produit est conforme à la norme à laquelle il s’est soumise.

Le produit obtient alors un label de certification, qui indique sa conformité aux normes. Un label peut appartenir à un organisme de certification.

Pour le label GOTS en France, par exemple (Global Organic Textile Standard), il est certifié par Ecocert, un organisme de contrôle et de certification basé en France.

Le label permet la communication vers le consommateur final. Voici les principaux en matière de textile. Leur degré d’exigence est plus ou moins important. Le label GOTS reste le plus complet (sur des critères environnementaux, humains, économiques) concernant le textile.

Nous sommes tous acteurs du changement, il n’y a pas d’action inutile. « Je prends ma part » disait le colibri. En boycottant les marques qui ne font aucun effort envers les droits fondamentaux des travailleurs, en achetant du tissu d’origine biologique certifié, en consommant moins mais mieux, du textile éthique et responsable. En cousant soi-même ses vêtements, pour se rendre compte qu’assembler un T-shirt, même basique, prend du temps, et que ce temps doit être rémunéré à sa juste valeur.

Visiter le site de fashion revolution

 

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